Les Canadiens attachent
une importance grandissante aux œuvres d'art ainsi qu'aux
autres biens culturels et ils se soucient de leur préservation.
C'est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à confier
le soin de
conserver et de mettre en valeur les œuvres de leurs collections à des
restaurateurs professionnels.
Cette brochure a pour objet de vous
aider à choisir
un restaurateur ayant la compétence nécessaire pour préserver
et restaurer une œuvre
ou une collection entière; elle vous indiquera aussi ce que vous êtes
en droit d'attendre d'un restaurateur et ce que ce dernier n'est pas
tenu de faire.
Un
restaurateur est un spécialiste qui s'occupe de la préservation
et du traitement des œuvres d'art et des objets historiques.
Les restaurateurs
compétents allient une grande habileté technique à des années
de formation et d'expérience. Malheureusement, il arrive que certaines
personnes sans qualifications particulières et ne respectant pas les normes
de la profession se prétendent restaurateurs; la vigilance s'impose
donc lorsqu'on choisit un restaurateur.
La
restauration comporte des opérations
complexes qui peuvent présenter
des risques pour l'œuvre. L'expertise professionnelle constitue un facteur
déterminant de la réussite d'un traitement; en conséquence,
les restaurateurs se spécialisent généralement dans un domaine
particulier, par exemple la restauration des peintures, des livres ou des objets.
Cependant, les restaurateurs qui se spécialisent dans le domaine de la
conservation préventive fournissent généralement des
services et des conseils pour plusieurs types d'objets et de collections.
Choisir un restaurateur
Le
choix d'un restaurateur qui prendra le meilleur soin possible
de votre œuvre
ou de votre collection relève de votre propre responsabilité.
Avant de fixer votre choix sur un restaurateur, obtenez des références à son
sujet auprès de personnes ou d'établissements (p. ex. musées,
archives) qui ont l'habitude d'utiliser les services de ces spécialistes.
Il est préférable que ces références proviennent
de personnes ayant eu un rapport direct avec le restaurateur.
En règle
générale, au Canada, tout restaurateur devrait
:
* connaître et mettre en pratique le Code de déontologie;
* pouvoir montrer des exemples de son travail et discuter ouvertement des
techniques et des matériaux qu'il utilise;
* être en mesure de fournir des références;
* être disposé à discuter de sa formation et de son expérience;
* être membre d'au moins un organisme qui s'occupe de la conservation-restauration,
comme l'Association canadienne pour la conservation et la restauration
des biens culturels (ACCR), l'American Institute for Conservation (AIC)
ou l'Institut
international
pour la conservation des oeuvres historiques et artistiques (IIC).
Bien
que l'adhésion à ces organismes ne garantisse pas la
compétence
professionnelle, elle témoigne néanmoins du désir
du restaurateur de se tenir au courant des développements dans sa
spécialité.
Il existe au Canada un organisme qui accrédite
les restaurateurs: il s'agit de l'Association canadienne des restaurateurs
professionnels (ACRP). Bien qu'elle
ait peu de membres à l'heure actuelle, l'Association tient à jour
un registre contenant le nom de professionnels ayant satisfait à des
critères
d'admission stricts et se conformant au Code de déontologie. Elle
dispose aussi d'un mécanisme d'arbitrage permettant d'analyser
impartialement toute plainte portée contre un restaurateur membre
de l'Association. Le choix d'un professionnel accrédité par
l'ACRP est une garantie que le restaurateur est compétent dans
son domaine de spécialisation.
Que se passe-t-il après avoir
choisi un restaurateur?
Vous devriez savoir précisément
qui exécutera le
travail de restauration; il est préférable de faire affaire
directement avec le restaurateur plutôt que de passer par un
intermédiaire.
Avant le début du traitement, vous devriez vous entendre sur
un contrat qui indiquera l'étendue du travail et les frais prévus.
Durant cette discussion, vous devriez vous renseigner sur les honoraires
du restaurateur
et sur ce qu'ils couvrent; par exemple, vous pouvez lui demander si
une copie de la documentation photographique est incluse. Vous devriez
aussi
déterminer
vos responsabilités respectives concernant l'emballage, le transport
et l'assurance couvrant l'œuvre à restaurer.
L'intervention
du restaurateur comporte généralement deux étapes:
l'examen et le traitement. Ces deux étapes et les frais qui
y sont associés
font normalement l'objet de deux contrats distincts.
La première étape
est celle de l'examen, qui a pour but de déterminer
l'état de l'œuvre, de proposer un traitement et de préciser
les méthodes de conservation préventive requises. Après
cet examen, le restaurateur devrait vous fournir:
* un rapport écrit sur l'état actuel de l'œuvre;
* une proposition de traitement par écrit (il peut aussi arriver que
le restaurateur recommande qu'il vaut mieux ne pas faire de traitement);
* une explication des résultats prévus du traitement;
* une explication des risques que pourrait poser le traitement proposé;
* des renseignements sur le contenu et l'étendue du rapport de traitement
que vous recevrez à la fin du travail;
* une estimation du coût du traitement;
* la date approximative à laquelle le travail devrait être
complété.
Si vous acceptez la proposition de traitement,
la seconde étape, c'est-à-dire
le traitement, suivra. Jusqu'à la signature du contrat,
aucun traitement ne sera effectué et rien ne vous obligera à faire
exécuter
le travail par le restaurateur choisi. En cas de doute, demandez
l'avis d'un autre restaurateur compétent.
Si, au cours du
traitement, le restaurateur découvre des faits nouveaux
qui entraînent des modifications importantes quant au traitement
envisagé,
vous en serez averti et on vous demandera de signer une autre
proposition de traitement et un contrat révisé.
Lorsque
le travail sera terminé, vous recevrez un rapport de
traitement écrit,
comprenant la liste de tous les matériaux ajoutés à l'œuvre
lors du traitement. Ce rapport comprendra des photographies
si cela a été spécifié dans
le contrat. Des conseils sur les précautions à prendre
pour la bonne conservation de l'œuvre devraient également
vous être
fournis. Le restaurateur conservera un dossier complet du traitement.
Il
peut aussi arriver que l'on veuille embaucher un restaurateur à contrat
pour qu'il fournisse une expertise sur les soins préventifs à porter à une
collection. Par exemple, le restaurateur peut faire le constat
de l'état
des installations ou de la collection et présenter
une évaluation écrite
et une liste de recommandations pour améliorer les
conditions ambiantes, le système de mise en réserve,
etc.
Ce qu'un restaurateur ne fait pas
Le restaurateur
ne peut fournir une estimation des coûts ou une proposition
de traitement s'il n'a pas examiné l'œuvre à restaurer.
Il n'est pas tenu de fournir des devis gratuitement,
ni d'entreposer sans frais
les œuvres dont le traitement est terminé.
En outre, l'établissement
de l'authenticité des œuvres ou leur évaluation
n'entrent pas dans les compétences d'un restaurateur.
Enfin, pour éviter
de se mettre en situation de conflit d'intérêts,
le restaurateur ne pourrait acheter de son client l'œuvre
qu'il a examinée ou traitée.
Que faire en
cas de problèmes?
Si vous n'êtes pas satisfait
du travail effectué par le restaurateur,
vous devriez premièrement discuter du problème
avec lui, afin d'être
sûr qu'il ne s'agit pas d'un simple malentendu.
Si les explications fournies ne vous satisfont pas
et que le restaurateur est membre de l'ACRP, vous
pouvez alors faire appel à cette association,
qui pourra agir en qualité d'arbitre.
Conclusion
La meilleure façon de vous
assurer que le travail du restaurateur vous donnera satisfaction
est de vous renseigner sur la qualification professionnelle
du restaurateur et d'avoir une vision réaliste
des résultats à escompter.
Le Canada
est connu pour l'excellence de ses normes en
matière de conservation
et de restauration. Il y a au pays un grand nombre
de professionnels respectés
qui travaillent dans ce domaine, comme praticiens,
chercheurs, techniciens, enseignants ou experts-conseils.
Nous vous encourageons à profiter de leur
expertise afin que vos œuvres ou votre collection
soient traitées le plus adéquatement
possible.
Associations canadiennes regroupant des restaurateurs
L'Association
canadienne pour la conservation et la restauration des biens
culturels (ACCR),
auparavant
appelée l'IIC-GC, est une société sans
but lucratif ayant pour objectif principal
la diffusion des connaissances relatives à la
conservation et à la restauration
des biens culturels.
ACCR
a/s Association des musées canadiens
332, rue Bank, P.O. Box 87028
Ottawa, Ontario K2P 1X0
coordinator@cac-accr.com
L'Association
canadienne des restaurateurs professionnels (ACRP) est une
société sans
but lucratif dont l'objectif principal
est de maintenir des normes élevées
pour les restaurateurs professionnels
du Canada.
ACRP
a/s Association des musées canadiens
Bureau 400
280, rue Metcalfe
Ottawa (Ontario) K2P 1R7
greg_hill@@pch.gc.ca
On
peut se procurer un exemplaire du Code de déontologie
et Guide du praticien de l 'Association canadienne pour la
conservation et la restauration des biens
culturels et de l 'Association canadienne
des restaurateurs professionnels. auprès
de l'une ou l'autre de ces associations.
©1997-2007 ACCR et ACRP